Comment se porte votre chef d’orchestre ?

Sources Professeur Joyeux / Dr. Résimont

Le saviez-vous ? Le chef d’orchestre de notre organisme c’est cette petite glande située à la base de notre cou ….et oui, la thyroïde !

Le bon fonctionnement de la thyroïde est ultra dépendant de notre alimentation et du bon fonctionnement intestinal !…Je vous explique…

Pour que notre chef d’orchestre fonctionne correctement, il a besoin :

  • D’iode : l’élément indispensable pour fabriquer les hormones thyroïdiennes ! On en retrouve dans les végétaux (les haricots verts, le chou, le cresson, l’oignon, les navets, les radis, les fruits secs), mais surtout dans les produits issus de la mer.
  • Le sélénium: que l’on retrouve également dans les produits de la mer et dans les noix de brésil
  • La tyrosine (et son précurseur la phénylalanine) : que l’on retrouve dans les graines de sésame , les amandes, la fève ou haricot de Lima, la graine de courge, les lentilles, le riz complet cuit , l’avocat, la banane, les poissons, le filet de poulet, le filet de dinde, l’œuf entier, les huitres, les fromages (notamment à pâte dure).
  • La vitamine D : elle permet aux hormones thyroïdiennes de pénétrer dans les cellules
  • De fer : Le fer est nécessaire à la production des hormones thyroïdiennes T4 et T3 dans la glande thyroïde · Le fer est nécessaire à la conversion de la T4 en T3

Pour absorber toutes ces vitamines et minéraux il faut que votre intestin se porte bien ! Tout dérèglement à ce niveau (constipation, diarrhée, ballonnements, gaz) va perturber la bonne assimilation de ces nutriments essentiels. L’aliment perturbateur le plus incriminé dans les maladies thyroïdiennes est le GLUTEN ! En effet, la gliadine du gluten est structurellement très proche de certaines protéines du parenchyme thyroïdien. Cette protéine est indigérable et résiste à l’action de la pepsine, poursuivant ainsi son trajet jusqu’aux intestins. A la longue, le gluten augmente la perméabilité intestinale, laissant ainsi passer la gliadine dans la circulation sanguine. Cette gliadine étant reconnue comme un corps étranger va entraîner une réponse immunitaire et la production d’anticorps anti-gliadine. Par similitude aux protéines de la thyroïde, ces anticorps vont aussi s’attaquer aux tissus thyroïdiens, pouvant ainsi développer au long terme un Hashimoto. C’est pourquoi pour toutes les maladies auto-immunes et inflammatoires le gluten tout comme les produits laitiers (toutes protéines incluses) devrait être déconseillé.

Ne consommez pas trop d’aliments goitrigènes, qui inhibent la formation des hormones thyroïdiennes. Les aliments réputés goitrigènes augmentent l‘excrétion urinaire de l’iode ingéré même au sein de population bénéficiant d’un apport en sel de table iodé. Ces aliments sont donc à éviter dans les hypothyroïdies : le chou de Bruxelles, le chou, le chou-fleur, le brocoli, le chou frisé, le rutabaga, le radis, le raifort (moutarde des Allemands, cran de Bretagne), le manioc, les patates douces, le soya, les arachides, le millet.

Outre l’alimentation, la thyroïde ne supporte pas le stress, le manque d’exercice et le manque de sommeil. Et inversement, une thyroïde qui fonctionne mal peut s’accompagner de troubles psychologiques qui peuvent s’apparenter à des syndromes psychiatriques.

La thyroïde n’apprécie ni les perturbateurs endocriniens ni les pesticides. Aussi faites attention aux concurrents de l’Iode : Fluor, Chlore, Brome. On retrouve le fluor dans l’eau du robinet (en faible quantité certes), mais lorsque vous y rajoutez le dentifrice fluoré, la consommation excessive de thé noir et la présence de fluor dans de nombreux médicaments (antidépresseurs, antiacides, antifongiques, antibiotiques, anticholestérolémiants…. De même pour le chlore que l’on retrouve dans l’eau potable et en très grande quantité dans les piscines….les doses s’accumulent et deviennent alors toxiques au fil des années.

Il faudra apporter une attention d’autant plus particulière si vous prenez les médicaments suivants :

  • En cardiologie : les anti-arythmiques.
  • Les diurétiques : qui induisent des erreurs de dosage de l’iode et des hormones thyroïdiennes dans les urines
  • Les corticoïdes
  • Le lithium fortement prescrit dans les syndromes bipolaires et maniacodépressifs
  • Les interférons de même que certains antiépileptiques.

D’autre part des études ont démontré le lien entre le cancer du sein et l’hypothyroïdie.  L’hypothyroïdie entraîne une augmentation du taux d’œstrogènes qui est à la source du risque de cancer du sein. De même les œstrogènes en excès (liés à ceux de la pilule en particulier) inhibent l’activité des hormones thyroïdiennes et aggravent l’hypothyroïdie. L’hypothyroïdie apparaît surtout chez les femmes qui ont des taux élevés d’oestrogènes et de faibles taux de progestérone ce qui se voit surtout autour de la ménopause. Une légère supplémentation en progestérone naturelle sous forme de phyto-progestérone rétablit souvent une activité thyroïdienne normale, probablement du fait de son action anti-oestrogénique.

Enfin, chez les personnes en surpoids, un dysfonctionnement de la thyroïde peut contribuer à une résistance à l’insuline. L’association hypothyroïdie et diabète de type II est fréquente.

Les maladies liées à la thyroïde

L’hyperthyroïdie(assez rare)

Quand la thyroïde fonctionne trop, l’hyperthyroïdie a deux origines possibles :

– soit elle fabrique seule trop d’hormones

– soit elle est trop stimulée par l’Hypophyse pour en fabriquer

Il y a alors un excès de fabrication par la Thyroïde d’hormones T3 et T4. L’activité de la glande thyroïde s’accroît de 60 % à 100 % ou plus.

Les signes de l’hyperthyroïdie sont nombreux : les plus significatifs sont les yeux exorbités (exophtalmie) et une augmentation du volume de la thyroïde formant un goitre plus ou moins volumineux. Les autres signes sont nerveux (énervement et irritabilité, tremblements fins des extrémités des doigts).

En pathologie mentale les spécialistes [8] décrivent : « anxiété et tension marquées, labilité émotionnelle, impatience et irritabilité, distractivité, sensibilité exagérée au bruit, ainsi qu’une dépression fluctuante accompagnée de tristesse et de problèmes de sommeil et d’appétit. Dans les cas extrêmes, elles peuvent paraître schizophrènes, perdre le sens de la réalité, délirer ou avoir des hallucinations. »

Les troubles cardiaques (pouls accéléré et palpitations), digestifs (diarrhée plus ou moins fréquente), généraux (fatigue générale, amaigrissement et sueurs).

Le traitement consiste à se déstresser, à mettre la thyroïde au repos en bloquant la formation des hormones thyroïdiennes en excès.

L’hyperthyroïdie peut être due à la consommation de médicaments régularisateurs du rythme cardiaque en particulier l’anti-arythmique l’Amiodarone ou Cordarone.

Une hyperthyroïdie peut aussi se développer à partir d’un seul nodule dans la thyroïde.

L’hypothyroïdie (beaucoup plus fréquente)

La glande fonctionne moins bien, surtout à l’âge adulte. Un apport d’iode inférieur à 25 microgrammes par jour entraîne une hypothyroïdie.

Les signes sont en partie à l’inverse des précédents : rythme cardiaque ralenti, frilosité (on recherche le radiateur), prise de poids, constipation, paresse intellectuelle et déprime. Le dosage de la T4 est abaissé par rapport à la normale tandis que celui de la TSH est élevé, car la TSH cherche à stimuler la thyroïde qui ne répond pas.

On apporte alors le complément nécessaire en hormone thyroïdienne de synthèse sous forme de  T4.

La dose totale pour un adulte qui remplace totalement la thyroïde et 150 microgrammes. Pendant la grossesse la dose peut monter jusqu’à 250 microgrammes selon le taux de TSH.

En pathologie mentale sont décrits les signes suivants en cas d’hypothyroïdie : « progressive perte d’intérêt et d’initiative, un ralentissement du processus mental, une mémoire défaillante pour les événements récents, une perte d’éclat et de vivacité de la personnalité, une détérioration intellectuelle générale, de la dépression à tendance paranoïaque et, éventuellement, la démence et des séquelles permanentes sur le cerveau si la maladie n’est pas traitée. Dans les cas de chacune de ces conditions, certaines personnes ont été mal diagnostiquées, hospitalisées pendant des mois, et traitées sans succès pour une psychose. »

Les thyroïdites, affections inflammatoires de la glande thyroïde atteint le plus souvent les femmes et entraînent une hypothyroïdie. On distingue principalement :

  • La thyroïdite de Hashimoto, qui est la plus fréquente et touche jusqu’à 5% de la population. C’est une maladie auto-immune qui voit apparaître des anticorps antithyroïdiens qui détruisent progressivement la glande thyroïde. La thyroïde peut légèrement augmenter de volume.
  • La thyroïdite de Quervain qui apparaît brutalement le plus souvent associée à une rhinopharyngite ou maladie virale, telle oreillons ou rougeole, herpès. Elle serait d’origine virale. La thyroïde grossit brutalement et est douloureuse sur toute la surface du cou.
  • La thyroïdite de Riedel qui est heureusement beaucoup plus rare. La glande durcit est devient fibreuse, pierreuse, jusqu’à enserrer les tissus autour d’elle (comme un cancer anaplasique très grave de la thyroïde), et pouvant gêner fortement la respiration. Elle est associée à des fibroses en d’autres zones du corps (médiastin et rétropéritoine, au fond du ventre).

Quelles sont les signés liés à l’hypothyroïdie ?

  • J’ai du mal à ma lever le matin
  • J’ai la voix rauque au lever
  • Le matin, mon visage est boursouflé, impossible de mettre mes bagues avant la matinée
  • J’ai les doigts raides au lever
  • Ma température corporelle du matin est trop basse : inférieure à 36°C
  • J’ai tout le temps froid, en particulier aux extrémités ( syndrome de Raynaud)
  • J’ai l’impression de vivre au ralenti
  • J’ai la tension artérielle basse moins de 10/6
  • Je me sens mieux dans l’action, je m’assoupis si je ne fais rien en particulier en fin de journée
  • Je suis déprimé, mon moral est fluctuant sans raison majeure
  • J’ai des troubles de la mémoire
  • J’ai la peau très sèche, en particulier au niveau des tibias, des talons et des coudes
  • Je perds mes cheveux
  • J’ai les cheveux secs comme de la paille
  • J’ai le tiers externe des sourcils dégarni
  • Je grossis facilement, je teste tous les régimes, mais je grossis sans manger
  • Je suis souvent constipé
  • Je souffre de dysbiose, gastroparésie, reflux gastro-oesophagien par manque d’acidité
  • J’assimile mal les vitamines et les minéraux
  • Ma langue est élargie et présente des empreintes de dents sur les côtés
  • La plante de mes pieds et la paume de mes mains sont souvent orangées (le beta-carotène est mal transformé en vitamine A).
  • J’ai des crampes musculaires la nuit, en particulier dans les mollets malgré une supplémentation en magnésium et potassium
  • Je souffre d’apnée du sommeil, je ronfle
  • J’ai une tension artérielle diastolique ( second chiffre) élevée
  • Mes règles sont abondantes. Je souffre de syndrome prémenstruel ( par manque de progestérone en fin de cycle, or sans progestérone pas de transformation de T4 en T3)
  • Le bilan lipidique est mauvais, cholestérol élevé
  • La fonction hépatique est perturbée : GOT/GPT élevés
  • Le taux de vitamine A est trop bas
  • Je suis en anémie avec une ferritine très basse

Si vous souffrez d’au moins 3 de ces signes, il vous est alors conseillé de faire un bilan thyroïdien complet (surtout si vous ne l’avez jamais fait) afin de vous assurer que votre glande fonctionne correctement.

Ce bilan inclut :

  • Une prise de sang pour vérifier :
    • TSH/T3 libre/T4 libre/T3 reverse
    • Anticorps anti-thyroidien
    • Le TBG
    • Le SHBG
    • Le cortisol
    • La vitamine B12
    • Vitamine D
    • Vitamine A
    • Zinc
    • La ferritine
    • Fonction hépatique + bilirubine
    • Bilan cholestérol
  • Une analyse urinaire
    • Iodurie sur les 1ères urines du matin
    • Dosage de la T3 et de la T4 sur les urines de 24h ( !! il faudra rester sédentaire durant le recueil de ses urines de 24 h, afin de ne pas perturber le test)
  • Une échographie de la thyroïde
  • Un suivi de la tension artérielle surtout si elle est basse
  • Un suivi de la température corporelle au réveil durant 1 semaine

Les tempérament dits Nerveux et lymphatiques seront beaucoup plus sujets aux problèmes de thyroïde vu leur feu digestif beaucoup plus faible. Si vous souhaitez savoir de quel tempérament vous êtes, et optimiser votre mode de vie en fonction de votre tempérament, j’offre désormais un suivi annuel pour 120 euros, incluant une consultation tous les 4 mois. N’hésitez pas à prendre rendez-vous ! 

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