Pendant la transition vers la ménopause, ton système hormonal cherche un nouvel équilibre. Ce n'est pas le moment de lui envoyer des signaux brouillés. Or c'est exactement ce que font les perturbateurs endocriniens, présents dans nos cuisines, nos salles de bain et nos intérieurs.

Biologiste de formation, je mesure aussi, dans mon autre métier, l'exposition aux substances chimiques sur les lieux de travail. J'y ai appris une chose : ce qu'on ne voit pas peut tout de même s'accumuler. C'est pourquoi je prends ce sujet au sérieux, sans jamais céder à la peur.

Bonne nouvelle : on peut réduire nettement son exposition, sans tout jeter ni vivre dans l'inquiétude. Voici comment.

Un perturbateur endocrinien, c'est quoi ?

C'est une substance extérieure à l'organisme qui interfère avec le fonctionnement de notre système hormonal. Certaines imitent les œstrogènes, d'autres bloquent leur action, d'autres encore perturbent la thyroïde ou le métabolisme.

Trois particularités les rendent difficiles à cerner :

  • La dose ne fait pas toujours le poison. Des effets sont observés à de faibles doses, parfois plus marqués qu'à des doses élevées.
  • L'effet cocktail. Nous sommes exposées à des dizaines de substances en même temps, dont les effets peuvent s'additionner.
  • Le stockage. Certaines s'accumulent dans le tissu adipeux, qui devient lui-même plus actif hormonalement à la ménopause.

Pourquoi c'est particulièrement important à la ménopause

En périménopause, tes œstrogènes fluctuent fortement et ta progestérone baisse. Ajouter des « faux œstrogènes » dans l'équation peut accentuer le déséquilibre. La thyroïde, elle aussi très sollicitée à cette période, est une cible connue de plusieurs de ces substances.

Enfin, ton foie travaille déjà à métaboliser tes hormones. Moins tu le charges en substances à éliminer, mieux il peut faire son travail.

Les principales familles à connaître

FamilleOù on la trouve
Bisphénols (A, S, F)Plastiques alimentaires, revêtements de conserves, tickets de caisse thermiques
PhtalatesPlastiques souples, parfums de synthèse, désodorisants
ParabènesConservateurs de cosmétiques
PFASPoêles antiadhésives, vêtements imperméables, emballages anti-graisse
Certains filtres UVCrèmes solaires, cosmétiques avec indice de protection
PesticidesFruits et légumes de l'agriculture conventionnelle

La réglementation évolue : l'Union européenne a par exemple adopté fin 2024 l'interdiction du bisphénol A dans les matériaux en contact avec les aliments, avec des périodes de transition. Mais les substituts ne sont pas toujours plus sûrs, et beaucoup d'objets déjà présents chez nous restent concernés.

Le tri, pièce par pièce

Dans la cuisine

  • Ne chauffe jamais d'aliments dans du plastique, même « apte au micro-ondes ». Préfère le verre, l'inox ou la céramique.
  • Remplace peu à peu les boîtes en plastique par du verre.
  • Abandonne les poêles antiadhésives rayées pour la fonte, l'inox ou la céramique.
  • Limite les conserves et les aliments gras emballés sous film plastique.
  • Choisis le bio en priorité pour les fruits et légumes mangés avec la peau.

Dans la salle de bain

  • Réduis le nombre de produits : un gel lavant doux, une huile végétale, un déodorant simple suffisent souvent.
  • Méfie-toi du mot « parfum » ou « fragrance » dans les ingrédients : il peut cacher des phtalates.
  • Privilégie les cosmétiques bio à liste d'ingrédients courte.
  • Les hydrolats sont de belles alternatives pour la toilette du visage.

Dans la maison

  • Aère 10 minutes matin et soir, même en hiver.
  • Dépoussière avec un chiffon humide : la poussière fixe de nombreuses substances.
  • Supprime désodorisants, sprays d'ambiance et bougies parfumées de synthèse.
  • Vinaigre blanc, savon noir et bicarbonate couvrent la plupart des besoins de ménage.

Naturel ne veut pas dire inoffensif

Le « fait maison » et le naturel ne sont pas automatiquement sans risque. Certaines huiles essentielles, par exemple, ont des propriétés hormon-like et ne conviennent pas à toutes les femmes ni à tous les moments. C'est pourquoi je recommande toujours un usage ciblé et accompagné plutôt qu'une application au hasard.

Par où commencer ?

Conseil de naturopathe

Trois gestes cette semaine, trois autres le mois prochain

Ne change pas tout en une semaine. Commence par exemple par : plus de plastique au micro-ondes, une aération quotidienne, un cosmétique remplacé. Le mois suivant, choisis trois nouveaux gestes dans les listes ci-dessus.

Les petits changements tenus dans la durée font plus que les grandes résolutions abandonnées.

Pour découvrir les autres signes de la transition hormonale, lis aussi : Périménopause : 12 signes qu'on ne relie pas toujours aux hormones.

L.A.V.A.M. · La Voie vers l'Autre Moitié

Faire le tri, accompagnée

Dans mon parcours en petit groupe, une séance entière est consacrée à l'hygiène de vie et à la réduction des perturbateurs endocriniens, avec des outils concrets pour chez toi.

Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de doute sur ta santé ou ton exposition, consulte ton médecin. La naturopathie s'inscrit en complément d'un suivi médical.